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Leoran Taenry
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Joined: 13 May 2008
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Sat 17 May - 22:27 |
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Six mois s’était écoulés depuis que le royaume d’Hastia s’était écroulé. Depuis ce jour, Leoran n’avait cessé d’errer, allant de pays en pays sans buts. Il n’était désormais plus que l’ombre de lui-même, un vivant en sursis dans un monde qu’il ne cherchait même plus à regarder. En fait, s’il n’y avait que lui, il en aurait déjà fini avec cette vie inutile. Cette envie de mettre un terme à ces images de souffrances qui se bousculent dans sa tête, à ce sentiment de faiblesse et à ces vides laissés en lui par ceux qui n’étaient plus, lui donnait la tentation quotidienne de s’éteindre dans une indifférence qui serait totale. En effet, qui pouvait encore penser à lui désormais ? La grande majorité des personnes qu’il avait connues était à présent dans un monde bien meilleur que celui-ci. Quant aux rares survivants ils devaient le considérer comme mort. Ainsi, le Capitaine des troupes royales n’était désormais plus qu’un vulgaire vagabond arpentant Faërie.
Aujourd’hui, ces pas l’avaient conduit jusqu’à une plage de sable fin bordée par des falaises relativement inhospitalières. Seul en ce lieu, il avait décidé de se baigner dans cette eau bercée par quelques vagues. Il s’était donc dénudé sur du sable encore épargné par la marée et, après avoir déposé son précieux violon, il commençait peu à peu à rentrer dans l’eau salée qui commençait à le faire souffrir. En effet, son corps était profondément marqué par les traces de fouet et le sel semblait y pénétrer. Pourtant, au bout de six mois, même pour un humain, ce type de blessure ne devrait plus se faire ressentir. Cela venait-il du fait qu’il n’avait jamais pris le temps de bien les soigner ou plutôt du fait que conserver cette douleur lui donnait le sentiment de payer ses faiblesses ? Leoran ne faisait en effet rien pour aller mieux, estimant qu’il n’aurait pas du avoir la vie sauve tandis que tant l’avaient perdu, y compris la reine Elaessa, la femme qu’il aime… Ainsi, tandis que l’eau lui arrivait au niveau du cou, il s’y immergea entièrement sans remonter à la surface. A cet instant, fermant les yeux, il se remémora sa loyauté trop exacerbée envers un roi qui causa la perte de tout son royaume. Finalement, depuis six mois, c’était son propre aveuglement qu’il fustigeait et qu’il rendait responsable de tous ces morts. Alors, aujourd’hui, peut-être que le moment était venu de disparaître de ce monde en se noyant dans l’un de ces océans. C’est d’ailleurs ce qu’il comptait faire jusqu’à ce qu’il revoit le sourire de sa reine qui, mourante, lui offrit tous ses pouvoirs. Le sourire d’Elaessa et les forces qu’elle lui donna étaient aujourd’hui sa seule raison de continuer à vivre, celle qui le fit remonter à la surface alors qu’il était en train de se noyer dans des profondeurs presque aussi obscures que celles qui ravageaient son âme.
Difficilement, il nagea jusqu’au rivage avant de s’écrouler sur le sable. Sa respiration était très saccadée tandis qu’il serrait dans son point droit, du sable qui se colorait désormais de son sang.
- « Que suis-je devenu ? A quoi pensais-tu au moment où tu m’as offert tes pouvoirs ? Que suis-je sensé accomplir? Je crois que d’ici peu, je ne parviendrai plus à remonter à la surface. » demanda-t-il à sa reine en regardant en direction du ciel.
Il en avait conscience, en lui offrant ses pouvoirs, elle lui avait donné l’occasion de faire le bien autour de lui mais elle ne lui avait pas donné de but ni même l’envie de réellement continuer à vivre. Toutefois, il décida de refuser encore une fois de céder à l’appel si enivrant de la mort. Ainsi, après avoir remis ses vêtements, il se dirigea vers les falaises avant d’y allumer un feu devant lequel il allait passer la nuit. Il ne savait pas encore s’il parviendrait à trouver le sommeil mais quoi qu’il en soit, sa chaleur lui serait nécessaire ne serait-ce que pour faire griller le petit morceau de viande qu’il avait acheté au dernier village qu’il avait visité. Il ne connaissait pas le nom de ce village mais il n’oublierait pas cette petite fille d’environ cinq ans qui, intriguée par son violon, lui avait demandé de lui en jouer en morceau. Au début il refusa, notamment parce qu’il n’avait plus joué pour quelqu’un depuis bien longtemps. Pourtant, il accepta la requête de ce petit être. Ainsi, alors que tous deux se trouvaient au beau milieu du village, il joua un morceau profondément triste en fermant les yeux comme il le faisait à chaque fois qu’il jouait une mélodie. Ses notes se diffusèrent bientôt, par sa magie, à tous les habitants du village qui commencèrent à venir vers lui pour écouter une musique qu’ils n’avaient pas l’habitude d’entendre. La tristesse du capitaine déchue semblait désormais envahir tout le village même si ce ne fut pas son but. Lorsqu’il eut finit, il sentit contre lui la chaleur de la petite fille qui le serrait dans ses bras. Ce geste d’innocence le frappa. Lui, l’adulte, était réconforté par un enfant qui avait su saisir sa peine à travers sa mélodie. Elle lui demanda alors de jouer un second morceau tandis que tout le village était désormais autour de lui. Cette fois-ci, il refusa mais offrit à la petite fille, une orchidée, fleur qui lui était si chère avant de la remercier de lui avoir offert un souffle de vie qui lui manquait si cruellement.
Repenser à cet événement à ce moment précis était peut-être un moyen pour lui de se raccrocher à la vie après avoir une nouvelle fois frôlé la mort qu’il espérait tant. Il décida alors de nouveau de jouer un morceau de violon qu’il destinait, cette fois à Elaessa qui, il l’espérait, serait en mesure de l’entendre de là où elle était. Son aura blanche se déployait avec une intensité profonde qui semblait déchirer la nuit qui s’était installée depuis peu. Sa symphonie allait résonner à plusieurs centaines de mètres, diffusant ainsi sa tristesse mais aussi une certaine chaleur, celle qui émanait de lui et qui, peut-être, appelait une âme capable de donner un nouveau sens à sa vie dans un monde éternellement déchiré par les guerres.
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Emilaria Celestia
Fantôme Squatteur
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Joined: 19 Mar 2008
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Sun 18 May - 18:00 |
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La mer... La mer en fin de journée. Si il y avait un spectacle digne d'une déesse, c'était bien celui-ci, celui de l'astre brulant passant derrière la ligne d'horizon, ces rayons chaud lançant leur ultime assaut, pour mieux se préparer à répandre de nouveau leur puissance vitale sur le monde le lendemain. La lumière se reflète sur l'eau, et prend des tons aux multiples nuances, rosés, jaunes et rouges, parfois violet, et les quelques nuages paresseux qui volent dans le ciel prennent eux aussi ces tons... Quoi de plus magnifique que la nature, si ce n'était les dieux eux même? Depuis longtemps, le ciel est la demeure des dieux les plus puissants, depuis toujours contrôler la nature est l'apanage des divinités. N'est ce pas l'essence même de la magie que de faire ce qui est impossible dans la nature? Oui, ce que le soleil laissait transparaitre de sa splendeur était bien plus que de la beauté, c'était aussi une force, une force qui ne demandait qu'à être surpassée par l'intangible, le surnaturel, et surtout le divin.
Emilaria était assise sur le haut d'une falaise. Elle contemplait le spectacle, et le trouvait magnifique, malgré le fait qu'elle savait qu'elle était capable de le provoquer elle même sans problème. Même aujourd'hui, avec les quelques pouvoirs qu'elle avait récupéré, elle pouvait légèrement grossir le soleil. Ce qu'elle ne ferait pas naturellement, car elle avait autre chose à faire de griller sa puissance pour des raisons aussi futiles que celle d'un spectacle qu'elle seule pourrait savourer. A cette heure-ci, tout le monde rentrait chez soi, et personne ne jetait les yeux au ciel. Sauf peut être certains croyants...
Elle revenait d'un lourd combat avec des orques auprès d'un nécromancien, et c'était après avoir fait un passage dans un village, où elle avait pris une chambre dans une auberge, et où elle s'était quelque peu lavée du sang qui restait encore sur ses vêtements. Cela faisait maintenant quelques jours qu'elle était là, et elle commençait à se faire quelques croyants parmi les villageois. Mais rien de bien significatif, personne n'était encore un illuminé, et vu la puissance de ces marins, autant donner du plancton à un tigre pour le nourrir.
Mais elle s'en contenterait pour le moment. Il fallait commencer petit pour devenir grand. Et bientôt Faërie tout entière serait sous sa domination. Même au delà de cette mer, bientôt, on entendrait parler d'elle. Au delà de toute les frontières de ce royaume, au delà de ce simple plan d'existence, on connaitrait à nouveau son nom. Et il inspirerait le respect, mais aussi l'envie de s'y rallier, comme lors des croisades, tous unis sous la même bannière qu'était la foi.
Mais pour le moment, elle s'accordait un peu de repos. Le soleil était couché maintenant, et elle savait qu'elle ne devrait pas veiller tard, pour ne pas épuiser son corps charnel qui la dérangeait tant, mais pour le moment il n'était pas si tard, et elle pouvait bien veiller un peu. Les étoiles commençaient à apparaitre, une par une, et elle se souvenait de ces nuits autrefois où elle avait le temps de toute les compter... Elle avait toute l'éternité à cette époque. Maintenant, elle ne pouvait plus posséder ce loisir si simple, car elle n'en avait plus le temps.
Elle allait se lever, quand une lueur attira son attention. Comme elle avait eût les yeux rivé vers le ciel, elle ne l'avait pas vu, mais maintenant qu'elle redescendait un peu sur terre, elle pouvait admirer la lueur palote sur la plage de sable fin qui était sous elle. Alors qu'elle tentait de repérer qui était dans cette petite alcove que formait la falaise, une étrange, douce et triste mélopée s'envola de ces flammes, montant jusqu'à elle avait la clarté des notes d'un virtuose.
Une mélodie de violon. Un éclat de pureté, un éclat de puissance, un éclat de beauté, dans cette nuit si calme. Elle était subjuguée. Ses oreilles de mélomane appréciaient véritablement à sa juste valeur le musicien et la musique qui venaient de commencer leur fusion magique et éternelle. Elle ferma les yeux et s'abandonna entièrement à ce son. Ce musicien valait bien ceux qu'elle avait elle même formé, les concerts qu'elle écoutait chaque soir. Non, ceux là n'étaient rien face à cet personne, seule elle était capable de rivaliser avec cet être qui égalait en ce moment même un déesse sur un point. La musique.
Elle fit apparaitre son violon. Elle dépensait un peu de magie, certes, mais c'était le seul moyen de répondre dignement à cet inconnu dans le lointain. Ce contact familier, cette chose dans laquelle elle s'entrainait dès son plus jeune âge, chaque soir, inlassablement, jusqu'à atteindre la perfection, but qu'elle n'avait toujours pas réussis à atteindre, car inateignable. La musique parfaite n'existait pas, on ne pouvait que s'en approcher. Elle prit l'archer entre ses doigts, posa son violon entre sa joue et son épaule, et commença à jouer.
Deux mélodies... Un jeu... Une réponse... Deux dieux. |
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Leoran Taenry
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Joined: 13 May 2008
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Mon 19 May - 01:09 |
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Cela faisait déjà plusieurs minutes que Leoran jouait de son instrument. Son chevalet venait caresser les cordes avec une douceur comparable à la caresse d’un homme sur le corps d’une femme. Cette douceur venait ensuite se mêler à ses propres sentiments qu’il diffusait également dans cette mélodie qu’il destinait à Elaessa. N’étant pas croyant, il ne pouvait pas dire où la jeune femme se trouvait aujourd’hui mais, croyant à la magie puisqu’elle lui avait confié la sienne, il savait que son âme existait quelque part, peut-être sur un plan d’existence qu’aucun humain n’avait encore foulé de son vivant. En tout cas, et même si cela pouvait sembler bien naïf pour certains, il avait cette profonde et intime conviction que, de là où elle était, elle serait en mesure d’entendre sa douleur mais aussi son amour qu’il n’avait jamais eu le temps de lui avouer. Ainsi, associé à sa perte, il devait aussi vivre avec l’incapacité qu’il eut à lui confier ses sentiments. Bien sûr, ceci s’était expliqué du fait qu’elle était la reine mais aujourd’hui, il ne lui restait plus que des regrets.
Quoi qu’il en soit, il jouait sans s’arrêter en cette nuit relativement douce même si le vent venait apporter un froid quelque peu gênant mais compensé par la chaleur du feu devant lequel il se tenait. Soudain, il entendit raisonner une autre mélodie que la sienne. Ceci le troubla profondément notamment parce qu’il comprit très vite que cette mélodie était issue du même instrument que le sien et que la personne qui la jouait avait un talent impressionnant. De plus, les notes de l’inconnu semblaient être une réponse à sa mélopée et il savait parfaitement que répondre à un morceau étranger était une improvisation particulièrement difficile qui était pourtant réalisée avec une dextérité incroyable en cet instant.
Il sentait également de la magie dans ces notes. Ainsi, il estimait que cette personne insufflait, d’une manière ou d’une autre, une partie de ses pouvoirs dans cet air. Bien sûr, lui aussi le faisait mais en cet instant ce n’était pas vraiment le cas car s’il avait utilisé ses pouvoirs alors la mélodie aurait eu un impact tout autre.
Le capitaine déchu fit ensuite quelques pas pour se rapprocher et chercher, à l’aide de son ouïe, la localisation précise de celui ou celle qui jouait de cette manière. Pendant ce temps, il essayait de décrypter les intentions des notes, le message de son créateur et ceci s’avérait relativement difficile. Toutefois, il avait à présent la certitude que c’était une femme qui jouait du violon. Comment pouvait-il en être si sûr ? Peut-être car pour lui, la mélodie d’une femme surpassait celle d’un homme par la sensibilité qu’elle peut insuffler dans l’instrument, sensibilité qu’un homme ne pouvait pas atteindre au même degré selon lui. Quoi qu’il en soit, il finit par continuer à avancer encore et encore vers la source de la musique et c’était d’ailleurs une attitude qu’il n’avait pas eue depuis plusieurs mois. Ainsi, sans le savoir, il ressentait déjà un fort intérêt pour cette inconnue capable de rivaliser avec lui et de faire un écho harmonieux à ses notes.
Au bout de quelques instants, il arriva en face de celle qui s’avérait être une frêle mais belle jeune femme de moins de vingt ans tenant son violon comme s’il était une extension de son propre corps. Là, il put affiner son ressenti et semblait sentir en elle une profonde part de mystère. Malgré sa faiblesse physique apparente, elle semblait loin d’être une petite créature fragile. Il aurait pu tenter de lire en elle grâce à la fusion de leurs notes mais il n’en fit rien, par respect pour sa démarche, son talent mais aussi par cet intérêt qu’elle lui suscitait de manière subtile.
A présent, il voulait entendre une autre sonorité, celle de la voix de la jeune femme et c’est pour cela que, après avoir cessé de jouer, il prit la parole. Il voulait désormais en savoir plus sur elle et c’est avec une voix posée qu’il s’adressa à elle.
- « Etrangement, j’aurai presque tendance à dire qu’un tel échange vaut plus que n’importe quelle autre présentation mais je mentirai si je vous disais que cela me suffit. » dit-il avec un léger sourire.
Leoran se tenait devant elle à environ six mètres, distance tout à fait respectable qui était, pour lui, de rigueur face à une inconnue mais aussi dans ce monde plein de dangers. Une telle mélodie aurait pu lui faire abaisser toute défense mais ce n’était pas le cas même si en cet instant il avait cette conviction qu’elle ne lui ferait rien si elle aussi ressentait le même intérêt que lui. En tout cas, il aurait beaucoup de questions à lui poser mais il voulait lui laisser le privilège de mener les échanges.
- « Après avoir entendu votre mélodie, une foule de questions me vient aux lèvres mais vous avez si bien réussi à donner un écho à mes notes qu’à présent, j’aimerai donner un écho à vos mots. »
Même si elle l’ignorait, cela faisait plusieurs mois que le jeune homme avait échangé plus que quelques mots avec une personne. Aujourd’hui, avec la venue de cette femme, les choses semblaient déjà différentes en surface. La rencontre semblait alors aussi prometteuse et riche qu’inattendue et enivrante. |
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Emilaria Celestia
Fantôme Squatteur
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Joined: 19 Mar 2008
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Sat 24 May - 19:35 |
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L'enivrante puissance de la musique... Elle jouait à s'en fendre le cœur, elle jouait d'une façon à la fois puissante et émotive. Ses doigts parcouraient le manche de son instrument avec une dextérité divine, et son archet glissait sur les cordes avec la douceur de la soie sur la peau d'un nouveau né. Elle y mettait tout son être, heureuse de trouver enfin quelqu'un qui approchait sa virtuosité dans un domaine. Elle jouait... divinement bien. Elle n'avait rien perdu, malgré ces quelques semaines sans pratiquer. La musique était en elle, comme une extension de son âme, comme si toute sa puissance perdu pouvait se retrouver dans ces quelques notes.
Alors qu'elle jouait, elle vit un petit point sur la plage commencer à remonter vers elle. La musique d'en bas c'était tue, maintenant seule sa musique céleste résonnait dans les air, mais elle ne stoppa en rien sa représentation. Elle allait jouer jusqu'à ce qu'elle puisse voir cette personne, qu'elle puisse ressentir qui il était, car elle rêvait de le recontrer.
Au bout de quelques instants, son aura commença à lui apparaitre. Une aura de puissante magie, mais pas encore exploitée à son plein potentiel. Cet homme, car maintenant elle le savait, c'en était un, pourrait devenir un puissant allié, comme il pouvait se transforme en un terrible ennemi. Naturellement, si elle regagnait sa puissance d'antan, elle pourrait rivaliser avec n'importe qui en ce monde, mais pour le moment il valait mieux se faire uniquement des alliés. Même avec le pouvoir qu'elle avait acquis.
Enfin, après quelques longues minutes d'attente, il arriva devant elle. C'était un beau jeune homme, aux traits presque féminins. Ses mains pourtant témoignaient d'antiques combats, on voyait qu'il était plus qu'un simple humain. A l'instar d'Emilaria, il donnait une impression de grandeur déchue, mais contrairement à elle qui ne dégageait qu'un profond mystère, car les voies des dieux sont impénétrables, de lui on pouvait ressentir une profonde gentillesse, une bonté naturelle qui était pourtant masquée par une antique tristesse.
Elle cessa de jouer, et plongea son regard dans le sien. Ils n'étaient éclairé que par la lueur de la lune, mais si elle ne possédait pour le moment que des yeux d'humains, elle s'était habituée à l'obscurité, et elle pouvait distinguer la lueur d'intelligence et de sagesse qui brillait au fond des yeux de son interlocuteur.
Sa voix s'éleva dans la froideur de la nuit. Elle resta un moment sans rien dire, attendant qu'il ait finit. Sa voix était magnifique, au diapason de la beauté de ses notes, claire et pure, comme un cristal qu'on aurait fait sonner. Elle lui fit un magnifique sourire, et répondit à son tour, laissant sa voix divine grandir la nuit, toucher les étoiles et surtout le cœur de cet homme.
"Rien ne suffit généralement aux hommes, voilà pourquoi les dieux ont été créés. Je ferais donc échos à vos désirs après que mes notes aient touché votre intérêt. Je dois avouer que vous même m'intriguez, car il est rare de trouver telle perle rare parmi les hommes. Les musiciens de talent sont si rares...
Sa voix prit un ton rêveur, tandis que des souvenirs l'assaillaient de toute part. Mais elle ne se laissa pas décontenancer, et reprit sur un ton de mystère.
Posez moi les questions que vous voudrez, j'ai toujours vécu pour répondre aux autres peuples intelligents. |
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Leoran Taenry
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Joined: 13 May 2008
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Mon 26 May - 10:40 |
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Jusqu’à présent, Leoran ne s’était pas vraiment soucié de ce que l’on pouvait penser de lui mais étrangement, il chercha en elle ce qu’elle pouvait penser de lui. Etait-ce parce que cette jeune femme jouait aussi bien voir peut-être même mieux que lui d’un instrument qui semblait être un fort point commun entre eux ? Probablement oui car même si elle pouvait lui trouver un attrait physique, tout comme lui vis à vis d’elle, ceci paraissait bien secondaire. En tout cas, la conversation était désormais lancée tout comme, pour le capitaine déchu, l’analyse des mots qu’elle prononçait. Il ne s’agissait pas là d’une quelconque manœuvre pour percer ses secrets mais un témoignage d’une soif, celle de la connaître.
Il fut surpris par son évocation des dieux. Tout d’abord parce qu’il ne croyait pas en eux. Leoran était de ceux qui avaient la conviction que les hommes écrivent eux-mêmes leur histoire en association avec le destin. Selon lui, si les dieux existaient alors ils ne devraient pas être vénéré au vu des malheurs qui s’abattent continuellement sur le monde depuis sa création. Ainsi, il ne cherchait pas à savoir si les dieux étaient des êtres bon ou bien non car il n’en avait pas de preuve. En tout cas, la jeune femme qui se trouvait devant lui semblait leur porter une certaine « dévotion » qu’il ne comprenait pas d’ailleurs mais il aurait été mal venu de le lui faire remarquer en cet instant d’autant plus qu’il respectait les croyances.
En fait, il allait plutôt réagir à ces mots sur la rareté des musiciens de talents.
- « Je crois que si le monde n’était pas déchiré continuellement par les guerres alors peut-être qu’au lieu de porter une épée, certains joueraient d’un instrument. Peut-être que d’autres talents cachés verraient ainsi le jour. »
Bien qu’étant à la base un militaire, Leoran ne fut jamais un fanatique de la guerre, chose qu’il détestait par dessus tout désormais. Dans les mots qu’il venait de prononcer se distillait alors ses aspirations pacifistes. Comment pouvait-il en être autrement d’ailleurs de la part de celui qui était l’un des derniers survivants du royaume d’Hastia ? En tout cas, il ne voulait rien rajouter à ce sujet pour le moment d’autant plus que la jeune femme semblait prête à entendre ses questions. Ses mots étaient quelques peu surprenants. Il avait l’impression qu’elle s’adressait à lui d’une manière assez peu habituelle. Son sentiment était difficile à définir mais il estimait qu’elle était en train de lui parler d’égale à égale comme si elle lui accordait une importance qu’elle n’aurait pas accordée à d’autres.
Quoi qu’il en soit, il pouvait désormais commencer à satisfaire sa curiosité et il devait maintenant trouver les bons mots, la bonne question. Il aurait pu prendre le temps de le faire mais ceci aurait ôté une part de l’authenticité de la rencontre. Il prit donc la parole quelques instants après elle.
- « Même si je ne compte pas brûler les étapes en vous appelant par votre prénom, j’aimerai le connaître. Pour ma part, je me nomme Leoran. »
La question était classique mais n’était-elle pas une base dans une conversation ? Son prénom ne lui apprendrait probablement pas grand chose mais il voulait le connaître pour mettre un nom à son visage, à son talent. Pour la suite, peut-être ne brillerait-il pas par des questions trépidantes mais leur rencontre n’était déjà-t-elle pas quelque chose d’improbable et d’ennivrant ? D’ailleurs, sa prochaine question concernerait sa présence en ces lieux.
- « Ensuite, je crois que ma curiosité se porte sur votre présence ici. Vous semblez seule et vous n’avez pas allumé de feu alors que la nuit s’annonce froide, surtout avec le vent qui souffle sur ces côtes la nuit. J’imagine que vous ne voyagez pas sans buts et peut-être accepterez-vous de me raconter votre histoire là où je me suis installé. Je n’ai pas grand chose à vous proposer si ce n’est ma présence et ma musique. »
Leoran venait d’inviter la jeune femme à venir avec lui. Il ne fallait pas croire qu’il considérait qu’une femme seule était incapable de survivre sans être protégée car il savait qu’une femme pouvait être bien plus forte qu’un homme. Son invitation était plus un moyen de discuter avec elle autour d’un feu qui pourrait être agréable. Allait-elle accepter ? Il le croyait mais sans en être certains. En tout cas, il estimait qu’il serait bien dommage que tous deux ne restent pas ensemble durant un petit moment maintenant surtout qu’autour d’eux, on ne trouvait aucune habitation à des kilomètres à la ronde. Il attendrait donc sa réponse tout en continuant à l’observer d’un regard qui se voulait presque pénétrant sans être, à aucun moment, déplacé. |
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Emilaria Celestia
Fantôme Squatteur
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Joined: 19 Mar 2008
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Fri 30 May - 17:35 |
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Emilaria regarda longuement le jeune homme, essayant de voir quel impact avaient eût ses paroles. Ce musicien l'intriguait, et peu de choses l'intriguaient dans tout le multivers. C'était surement du au fait qu'elle avait des connaissances énormes sur la plupart des mondes, et qu'elle avait déjà vu bon nombre de choses insolites. Mais jamais elle n'avait vu pareil talent. Son art du langage était aussi habile que celui de son instrument, et son corps reflétait bien un talent pour le combat certain. Il était l'avatar qu'elle cherchait parmi les hommes, l'être supérieur qui se distinguait d'eux par tout ses attraits. Mais restait à découvrir les défauts et le passé de cet étrange personnage.
Personnage. Cette expression lui rappelait ce jeu qu'elle avait créé quand elle était déesse. Comment appelait t elle ça déjà? Les FESP, oui c'était ça, les Figurines d'Entrainement à la Stratégie et à la Politique. Des petites statuettes animales à l'envie qui pouvaient reproduire toute les actions des être pensants qu'elles représentaient. Autrefois, elle passait des heures à jouer en compagnie d'autres de ses serviteurs, voire même d'autres dieux, qui appréciaient beaucoup de pouvoir se détendre de cette manière sans avoir à risquer la moindre goutte de foi de la part de leur peuple. Contrairement à ce que l'on croyait, seul les dieux très puissants se permettaient de jouer avec leur peuple, car les moins forts avaient toujours peur de perdre le peu de croyance qu'on leur accordait.
Mais ce soir, Emilaria n'avait pas envie de jouer. Elle avait envie de connaitre ce jeune homme, de passer du temps avec lui. Il répondit à son allusion aux musiciens. Apparemment, le passage sur les dieux l'avait intrigué, mais il ne se sentait pas trop concerné d'après ses attitudes. Surement un non croyant, peu près à servir un dieu qui ne se montrerait pas. Mais quand elle lui proposerait la puissance de ses pouvoirs, on pourra alors juger de la qualité de son athéisme.
Sa réponse était profondément pacifiste, une voie qui ne gênait pas, bien au contraire, la déesse.
Ma vie a été détruite par la soif de conquête d'une autre personne... Je n'apprécie pas la guerre, mais je sais qu'il faut l'utiliser parfois pour se défendre. Car les humains ont le caractère propice à se battre, ils ont peu d'esprit et doivent donc user de leur force brute pour tenter de convaincre, ou de vaincre, leurs adversaires, imaginaires ou non.
Bien entendu, elle aussi avait soif de conquête. Mais pas de guerre. Elle n'éliminait que les dieux et les gouvernants, les chefs d'état, sans toucher au peuple. Si elle pouvait parfois le martyriser, elle ne voyait pas l'intérêt d'envoyer à la mort un si grand nombre de personnes qui seraient bien plus utiles à prier pour elle pour lui accorder du pouvoir. Si le nombre de croyant était suffisant, ce ne serais pas une armée qui allait l'arrêter. Bien au contraire, elle ne la tuerait pas, mais préferait plutôt la convertir par ses mots. Bon nombre de dieux ne comprenaient pas qu'on ne devait pas reléguer à des humains des tâches que seul un dieu peut faire. Convertir une armée, c'était un défi qu'elle était prête à relever, et qu'elle avait déjà réussi. Tuer était inutile quand on pouvait rallier à sa cause.
Il lui demandait son nom. Dire qu'autrefois tout le monde le connaissait, et le prononçait avec respect ou crainte, selon si l'on était dans son camp ou non. Qu'on le scandait, qu'on le vénérait. Que tous pouvaient l'appeler pour lui demander son aide, ou au contraire implorer sa pitié.
Mais maintenant, il n'était plus que la dénomination par laquelle on pouvait la désigner... Quel gâchis, tout ça par la faute de Mephis. Mais sur son visage, on ne lisait que sa noblesse déchue, et Loeran, puisque c'était ainsi qu'il se nommait, sentirait surement toute la grandeur que ce nom portait. Sa robe bleu nuit flottait dans le vent tandis que ses paroles venaient rejoindre celle du jeune capitaine.
Je me nomme Emilaria. Emilaria Celestia est mon nom complet. J'en possédais bien d'autre autrefois, mais maintenant ils ont tous disparu. Votre nom me fait penser à une contrée lointaine de celle-ci, d'après les quelques exemples de nomination que j'ai entendu le long de mon voyage, qui je dois l'avouer a été assez court. D'où venez vous pour porter pareil pseudonyme?
Si elle était prête à répondre à tout ses questions, elle n'en était pas moins elle même avide de connaissance. Aussi ne se privait elle pas de répondre en demandant à nouveau les informations qu'il ne semblait pas lui donner au premier abord. Elle était habile dans l'art de la parole, tout comme lui apparemment, et leur conversation promettait d'être passionnante. Tout comme leurs futurs passages musicaux, car d'après l'invitation que venait de formuler l'homme de la nuit, ils allaient surement jouer encore un peu, voire même beaucoup. Mais l'heure n'était pas au violon, mais bel et bien aux paroles.
Je pourrais vous retourner la question, Loeran, vous aussi semblez seul pour la nuit. Mais avant que vous ne me répondiez, sachez que j'accepte avec joie votre invitation. Je suis lasse de la présence des marins, et le village est en effet trop loin pour que je puisse y retourner à une heure si tardive. Alors, tendez moi votre bras et guidez moi jusqu'à votre tanière d'un soir.
Elle lui tendit sa main dans un geste qui se voulait doux et gentil. Elle lui faisait une grande faveur, une faveur qu'elle n'accordait autrefois qu'à quelques hommes ou femmes très proche d'elle. La toucher était un symbole très fort pour la plupart de ses croyants, mais ce soir elle avait envie de se détendre auprès de ce beau jeune homme, être femme plus que déesse le temps d'une nuit. |
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Leoran Taenry
Sorcier
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Joined: 13 May 2008
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Sat 31 May - 15:37 |
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Le violoniste comprenait que celle qui se trouvait en face de lui, en plus de maîtriser parfaitement son instrument, était tout aussi capable d’observer méticuleusement ceux avec qui elle engageait la conversation. C’est en tout cas l’impression qu’il eut en l’observant avec la plus grande attention que ce soit dans ses mots ou dans ses gestes. Il pensa alors que si tous deux devaient s’affronter en combat alors il lui serait bien difficile de prendre l’ascendant sur elle dans le sens où elle pourrait trouver ses failles avant que lui ne décèle les siennes. Visiblement, elle possédait une grande connaissance d’autrui et ceci pouvait s’avérer être un atout majeur dans des perspectives diverses. En tout cas, en cet instant, il ne pensait pas que cela pourrait jouer contre lui car tous deux semblaient nourrir une attirance dans la découverte de l’autre.
En écoutant ses réponses, il comprit ensuite que le violon n’était pas leur seul point commun. En effet, elle aussi semblait avoir perdu beaucoup au cours de sa vie et ceci à cause d’une personne. Tout comme lui, elle nourrissait une aversion pour la guerre et n’hésitait pas à fustiger leurs acteurs. A cela, Leoran n’avait rien à ajouter tant elle disait vrai même s’il ne comprenait pas pourquoi, de nouveau, elle faisait une généralité en parlant des « humains ». Il repensa alors à son évocation des dieux et commença à se poser une question bien étrange pour lui: se trouvait-il en face d’une déesse ? D’autant plus que lorsqu’elle lui confia son nom, elle avoua en avoir possédé d’autres.
Si le capitaine déchu se trouvait effectivement en face d’une déesse alors que pouvait-elle bien attendre de lui et que faisait-elle là ? Etait-elle une divinité déchue comme ses mots le laissaient penser ? Tout ceci était troublant et lui qui ne croyait que très peu aux dieux aurait bien du mal à s’en convaincre avec si peu. Et puis, de toute façon, déesse ou pas, il voulait la connaître et lui portait la plus grande attention possible. Lui qui avait été seul depuis si longtemps aurait été bien stupide de laisser passer une occasion de s’entretenir avec quelqu’un d’aussi intéressant qui parvenait déjà à éloigner quelque peu les spectres qui s’emparaient si souvent de lui.
Jusqu’à présent, le capitaine déchu n’avait pas réagit oralement à ce qu’elle lui confiait car il savait qu’il en aurait le temps plus tard mais aussi car il voulait l’écouter avant tout. Pourtant, il allait devoir reprendre la parole puisqu’elle lui posait une question et, par la même occasion, il allait se confier quelque peu à son tour tandis que l’expression de son visage devint plus sombre à l’évocation de son passé douloureux.
- « Mon nom n’a rien d’original vous savez même s’il était connu dans le royaume où je vivais. Depuis mon père, ma famille, les Taenry, étaient au service de la famille royale du royaume d’Hastia, un pays qui se trouve bien au-delà de Faërie. A mon tour, je fus capitaine des troupes royales de sa majesté et tout comme vous, la guerre issue de la folie d’un seul m’a fait tout perdre… Enfin, contrairement à mon peuple, je suis encore en vie aujourd’hui mais je n’y vois aucun réconfort car j’aurai de loin préféré mourir avec eux. »
Leoran s’arrêta quelques instants après ses mots. Les visages de tous ces gens ne l’avaient pas quitté un seul instant. Jamais il ne pourrait les oublier, jamais il ne pourrait effacer le visage de celle qui lui avait tout donné sans que lui soit en mesure de lui avouer ses sentiments. Enfin, cette partie de l’histoire ne serait pas dévoilée aujourd’hui.
Puis, le capitaine reprit la parole en regardant Emilaria dans les yeux cette fois-ci alors que pour sa précédente intervention, il avait porté son regard vers un point lointain dans le ciel plus que sombre.
- « J’imagine que se découvrir un point commun de ce genre ne devrait pas être surprenant finalement. Ceci prouve simplement que nous vivons dans un monde où la guerre est reine. Enfin, j’aurai aimé que le violon soit pour l’instant notre seul point commun majeur. » dit-il avec résignation.
Même s’il n’avait pas répondu directement à la jeune femme, il lui avait montré qu’il était en mesure de la comprendre. Bien sûr, il ne se doutait pas de ce qu’elle avait vraiment vécu mais il croyait que tous deux pouvaient se comprendre.
Elle accepta ensuite son invitation tout en lui retournant sa question concernant la raison de sa présence en ces lieux. Visiblement, elle préférait cette solitude à défaut d’une autre compagnie peu agréable. De son côté, ses raisons étaient bien différentes et il hésita à les lui confier. Toutefois, il le fit tout de même en reprenant un ton plus posé que lors de ces deux dernières interventions.
- « Je cherche une raison qui fait que je dois m’accrocher à cette vie sans attaches. En mourrant, une personne m’a confié sa volonté de me voir vivre mais elle ne m’a pas donné de buts… C’est pour cela que je voyage depuis plusieurs mois. Cette plage n’est aujourd’hui que le lieu ou j’ai décidé de m’arrêter. »
Emilaria avait accepté son invitation et lui tendait désormais la main. Contre toute attente, ce geste le troubla beaucoup. Tout d’abord parce qu’il n’avait pas l’habitude d’être proche d’une femme. N’ayant pas un physique repoussant, le capitaine était plus que populaire à la cour et sa position faisait que beaucoup de gens avaient tenté de lui faire épouser leur fille. A chaque fois, Leoran refusa, préférant ainsi passer son devoir avant toute autre chose. Et puis, après, lorsque la reine arriva, c’est d’elle et uniquement d’elle qu’il fut épris. Peut-être était-ce d’ailleurs pour cela qu’il était troublé par cette main tendue aujourd’hui. Le violoniste semblait ne plus être en mesure de montrer une quelconque tendresse car cela pouvait entraîner l’attachement d’une personne. Or, il ne voulait pas que l’on s’attache à lui car il ne pouvait pas oublier qu’il n’avait pas été suffisamment puissant pour sauver son peuple et ceux qui croyaient en lui.
Durant quelques secondes, le violoniste fut donc troublé et tout laissait croire qu’il n’allait pas accepter ce geste mais contre toute attente, il fit le contraire. Ainsi, avant de s’adresser à elle, il la laissa se saisir de son bras et commença à se diriger en sa compagnie vers les falaises où se trouvait son feu de camp.
- « Allons-y à présent. En plus, j’ai une bonne nouvelle pour vous : j’ai encore un peu de viande qui cuit sur le feu alors si vous avez faim, n’hésitez pas, je crois que je suis le seul restaurant ouvert à plusieurs kilomètres à la ronde ce soir. » dit-il en souriant légèrement.
Le violoniste avait remplacé son malaise passager par un peu d’humour. Puis, cet humour fut effacé par la présence corporelle d’Emilaria. Il sentait sa chaleur contre lui et même si, encore une fois, ce geste n’avait probablement pas de but sensuel ou plus, il lui apportait une chose qui lui avait fait défaut depuis bien longtemps : la chaleur humaine d’une femme. Autrefois, il n’en avait jamais été en quête mais le vide laissé par Elaessa contribuait aujourd’hui à rendre appréciables de tels moments.
Au bout de quelques instants, tous deux arrivèrent au campement de fortune : un petit cercle entre la roche qui permettait de s’abriter quelque peu du vent Le capitaine déchu lui indiqua une couverture posée sur le sol, la sienne. Ce soir, il ne l’utiliserait pas, il la laissera à son invitée tandis qu’il fit légèrement tourner la viande qui cuisait sur un morceau de bois posé horizontalement et soutenu par deux autres placés verticalement aux extrémités. A présent, ils avaient toute la nuit devant eux pour discuter si elle le souhaitait. Pour le moment, assis par terre, il lui posa une nouvelle question tout en observant les crépitements du feu.
- « Vous battez-vous pour quelque chose Emilaria ? J’ai le sentiment que, contrairement à moi, même si vous aussi avez tout perdu, vous n’avez pas pour autant abandonner l’idée de combattre. C’est d’ailleurs en cela que nos mélodies de tout à l’heure étaient différentes. La votre était plus vivante que la mienne, tout comme vos gestes d’ailleurs. » dit en la regardant au moment où il finit sa phrase.
Faisant référence à son dernier geste, il la complimentait également sur ce que lui n’arrivait plus à restituer dans ses morceaux de musique. Décidément, il avait de plus en plus l’impression que cette femme était porteuse d’une chose qui lui était destinée. Cette rencontre était-elle alors le fruit du hasard ? Il l’ignorait. Il avait encore tout à apprendre d’elle mais s’il savait que lorsque le soleil se lèvera il reprendra sa route. |
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Emilaria Celestia
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Mon 16 Jun - 09:13 |
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Emilaria détailla un instant le violoniste sans répondre. Ce qu'il lui confiait là était surement d'une importance essentielle dans sa vie, mais la déesse avait tellement entendu les prières de tout ses serviteurs, qu'elle avait du mal à saisir toute les nuances humaines et sentimentales de ce jeune homme et de son histoire. Cependant, son intelligence lui faisait voir les évènements d'une façon rationnelle, et elle savait que Loeran avait besoin d'un peu de réconfort ce soir. Et elle tâcherait de lui apporter, afin qu'ils deviennent au moins bon amis.
Elle se surprit à essayer de retrouver dans ses vastes connaissances des traces du royaume d'Hastia. Autrefois, sous sa forme divine, elle possédait l'omniscience, et rien ne lui aurait été inconnu, mais dans ce corps d'humain elle était limitée à ses propres souvenirs. Aussi ne connaissait t elle rien de ce royaume, mais elle se promit d'interroger plus avant ce jeune homme sur ses origines. Même si cela lui semblait être un souvenir particulièrement difficile à évoquer. Mais elle n'avait que soif de connaissances, et son corps jeune lui permettait au moins d'avoir une grande mémoire, en plus d'une endurance et d'une force respectables.
Elle plongea son regard si étrange dans le sien. Dans ses yeux, on pouvait lire tout un passé, toute une histoire, une histoire qui se déroulait sur des millénaires, sur huit milles longues années, et au fond de la lumière d'intelligence, se dévoilait celle de toute les personnes qui croyaient encore en elle. Dans ses yeux, on pouvait voir d'autres yeux. Puis, attendant que le capitaine finisse sa phrase emplie de paroles pacifistes, elle lui lança un sourire amer. Enfin, elle répondit.
"La folie de certains humains est vraiment désolante. C'est pour protéger ce peuple que j'aime que je désire m'hisser dans les plus hautes sphères, au plus haut du pouvoir, afin que tout mes subordonnés puisse survivre en paix, dirigé par un monarche qui n'est pas fou, ou qui ne recherche pas leur malheur. Combien de royaumes ont ainsi été déchu par l'idiotie d'un monarche absolu. Le pouvoir n'est pas une chose que l'on doit prendre à la légère, et il est de notre devoir de l'accepter quand le peuple sait que nous ferons un bon suzerain. Il faut toujours suivre l'avis du peuple, et la voie de la raison. Quand je parle d'honneur, vous devez savoir de quoi je parle, vous qui étiez capitaine. Vous vouliez protéger votre peuple. Et bien, si la folie d'un seul menaçait tout un pays, alors vous vous deviez de demander l'avis du peuple, et si besoin est de renverser le pouvoir établit. C'est le devoir de chaque être d'une nation que de détruire celui qui la mènera à la perte. Car tout ce qui ne change pas est détruit, c'est la loi universelle de l'univers tangible et intangible."
Elle le laissa méditer sur ces paroles, le temps qu'il réfléchisse à ce qu'il pourrait en faire. Quand il lui exposa les raison de sa venue en ces lieux, elle ne pu s'empécher de réprimer un sourire compatissant. Comme tout les hommes, il avait besoin d'un but, et il n'en trouvait pas. Rares étaient ceux qui se complaisaient dans la vie qu'ils menaient, simplement, sans se poser de questions. Emilaria était à la fois de ceux là et en même temps tout leur contraire. Elle ne se posait pas de questions, car elle suivait juste sa tâche de déesse qui consistait à gouverner un peuple de croyant. Et dans la même personne, elle était la philosophe par excellence, capable de raisonner sur n'importe quel sujet et de se poser des questions sur tout. Ces deux "personnalités"en elle contribuaient à la rendre aussi étrange, aussi divine.
"Heureusement pour nous deux que nous ayons tout deux décidé de faire une halte en ces lieux. Chacun de nos pas a été orchestré par notre volonté, et même si vous semblez l'avoir perdue en ce moment, je pense que vous êtes encore quelqu'un de très puissant d'esprit. Ne pensez pas que vous êtes une loque humaine, que vous avez tout perdu. Rien n'est jamais perdu. Vous pouvez encore refaire votre vie. Vous dites que ces royaumes sont trop souvent en guerre. Cela ne tient qu'à vous de changer cela. Chacun est maitre de sa destinée, et je sens en vous la capacité de changer bien plus que votre propre destin. Seulement, vous ne savez pas encore utiliser totallement votre volonté et votre pouvoir. Et s'il en est ainsi, je me chargerais de ranimer en vous la flamme qui s'est éteinte."
Ses yeux étaient brulants de passion. Comme toute les déesses, son caractère était très changeant, et surtout très impulsif. Elle pouvait passer d'une noire colère divine à une joie sans borne, sans même se douter de rien. Cependant, il était vrais qu'elle maitrisait mieux ses sautes d'humeur depuis qu'elle était sous forme humaine. Mais dans ses yeux, on pouvait lire toute la furie qui l'animait, même si le reste de son corps restait parfaitement calme.
Malgré un certain trouble de la part du violoniste, elle prit son bras, voyant qu'il la laissait faire. Ce n'était pas un jeu de séduction, non, il était trop tôt pour cela. De toute façon, elle ne séduisait jamais pour bien longtemps, juste le temps d'avoir une aventure d'un soir pour satisfaire un désir puéril, hors elle voulait garder ce jeune capitaine près d'elle le plus longtemps possible. Il valait mieux s'en faire un amis.
Bien entendu, peut être qu'il allait tout seul tomber amoureux d'elle, mais elle en doutait. Du temps de sa splendeur, aucun humain ne pouvait la regarder sans risquer d'être aveuglé, et le premier qui touchait sa peau devenait totallement dépendant d'elle. Elle avait reçu de nombreuses demandes d'unions, pouvait on parler de mariage chez les dieux quand c'était elle la déesse la plus puissante, mais elle savait que cela n'était que des alliances stratégiques conclues par les parents de l'autre jeune dieu, et elle préférait gouverner seule. Sa croyance n'était pas à partager. Donc oui, peut être que Loeran aurait pu tomber amoureux d'elle, mais quelque chose semblait le retenir. Un souvenir surement, une barrière qui faisait de lui un être hors norme, et qui ne risquait pas de se laisser charmer par la déesse qu'elle était. De toute façon, encore une fois, elle ne voulait pas l'avoir comme amant.
Elle s'approcha de lui et leurs deux corps se touchaient presque. Les deux chaleurs qu'ils produisaient les réchauffaient tout deux, dans cette nuit plutôt fraiche, mais quand Emilaria pensait à son âge d'or, elle ne pouvait que regretter ces instants où elle rayonnait littéralement comme le soleil, faisant croitre les moissons et créant le jour en pleine nuit.
Cette nostalgie la gagna totallement quand il lui parla de manger. Cependant, elle n'en montra rien, et sur un air plutôt joyeux elle dit, presque avec humour.
"Je dois être un peu anorexique, mais je n'aime pas manger. Cependant, si je pouvais partager quelque chose avec vous, ce serait un grand honneur, et je crois qu'il est courant chez les humains de partager la nourriture avec ceux qui n'en ont pas."
Elle tourna son visage enfantin vers lui et lui fit un mignon petit sourire. Ils marchèrent tout deux silencieusement jusqu'au campement, franchissant la haute falaise par une sorte de petit escalier naturel, que Loeran avait du emprunter pour descendre la première fois. Elle était assez impressionnée, car la formation rocheuse était assez bien dissimulée, et il avait surement fallu au capitaine un certain sens de l'observation pour la remarquer.
Ils arrivèrent au campement, rustique mais assez agréable à voir dans cette nuit obscure. Le feu crépitait joyeusement, éclairant une sorte de cercle de pierre qui coupait le vent. Cela la faisait penser à un monument religieux construit il y a bien longtemps dans un autre monde, un immense cercle de monolithes et de thrilites, mais ce jeune ne semblant pas être en mesure de voyager au travers des plans, elle ne lui fit pas part de ses réflexions.
S'asseyant à une certaine distance du feu, juste assez pour être bien réchauffé sans se bruler, elle regarda un instant le jeune homme accomplir des gestes humains, des gestes comme elle était forcée de faire depuis qu'elle était dans ce monde. Même du temps où elle était contrôlée par Mephis, elle était traitée comme un grand seigneur, et elle avait quasiment le droit d'obtenir tout, tout de suite. Cependant, cela n'avait jamais calmé la haine qu'elle vouait à ce dieu, qui avait trouvé seulement son repos lors de la mort de la divinité.
La voix du capitaine la sortit de ses rêveries sur le passé. Elle se tourna vers lui.
Comme je vous l'ais déjà dit, il est de notre devoir de gouverner pour pouvoir protéger les plus faibles. En ce monde, la guerre règne, une guerre entre le bien et le mal. Mon but et de réunir ces deux camps sous une seule et même idéologie, afin qu'ils puissent vivre en paix. Voilà pourquoi je me bat, on pourrait dire que c'est pour le pouvoir, mais c'est aussi pour des espoirs de paix et de félicité.
Elle lui fit un autre sourire charmeur, juste pour montrer qu'elle ne mentait pas. Ses yeux pétillants d'intelligence ne quittèrent pas le regard du jeune homme, et dans ses yeux elle pouvait voir son passé douloureux. Sans doute avait il vécu des choses qui rendaient tristes les humains, alors que Emilaria elle ne ressentait que de la haine... C'était surement là la différence entre les dieux et les hommes, les hommes se lamentent, les dieux se battent. |
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Leoran Taenry
Sorcier
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Wed 18 Jun - 00:59 |
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Décidément, cette femme était loin d’être ordinaire et ceci se prouvait au fur et à mesure de ces interventions. D’ordinaire, Leoran aurait tenté de lire sur son visage pour y déceler des indices sur sa personne mais avec elle, il n’y parvenait pas et se perdait simplement dans son regard si profond qui témoignait d’une expérience, d’un vécu qui ne correspondait pas à son âge apparent. De plus, l’idée qu’elle pouvait être une déesse l’avait effleuré peu à peu jusqu’à ce qu’il y croit presque. En effet, elle semblait se placer dans des hautes sphères d’un pouvoir qu’elle voulait atteindre et parlait des humains comme si elle n’en faisait pas partie. Enfin, si elle était effectivement une déesse alors que pouvait-elle bien faire sur cette plage ? Qu’attendait-elle de lui ? Beaucoup de questions se posaient à lui et il n’avait pas encore la possibilité d’y répondre car c’était elle qui lisait en lui à ce moment et non l’inverse.
Emilaria venait de critiquer, peut-être de manière indirecte, son attitude passée et il ne pouvait pas dire qu’elle avait tort même si elle ignorait que celui qui avait fait tomber Hastia n’était autre que son roi lui-même. Enfin, ceci ne changeait rien au final car de toute manière il savait aujourd’hui qu’il aurait dû plus s’attacher à la raison qu’à l’honneur. Hélas, il ne pouvait pas remonter le temps et il le savait encore mieux.
- « Peu m’importent les idéaux en matière de pouvoir à présent. J’ai décidé de voyager seul sans être au service de quiconque et je laisse volontiers à ceux que ça intéresse, le plaisir de se battre pour obtenir le pouvoir. Quant à moi, je dois reconnaître que vous avez raison, j’aurai dû agir quand j’en avais l’occasion et maintenant, je n’ai plus qu’à vivre avec mes erreurs. » dit-il en la regardant.
Le ton qu’avait employé le violoniste était relativement dur même si ceci n’était pas réellement destiné à la jeune femme. En fait, la véritable cible était de nouveau lui-même. Il aurait pu s’excuser mais il préféra rester attentif aux mots de son interlocutrice qui tentait de lui montrer qu’il pouvait encore accomplir de grandes choses. Il aurait pu accorder du crédit à ses paroles si elle avait été une amie proche mais elle n’était encore qu’une inconnue pour lui. Il pouvait donc balayer d’un simple revers de la main tous ces encouragements dont il ne partageait pas la conviction mais comment aurait-il pu agir ainsi alors qu’elle semblait si sincère ? Elle dégageait un altruisme suffisamment posé pour être crédible mais elle ignorait probablement qu’elle s’attaquait à un mur dans le sens où la haine que Leoran se portait était plus que conséquente.
Il allait donc répondre à la jeune femme mais de manière concise. Tout d’abord, parce qu’il ne voulait pas s’attarder sur son passé, puis, dans un second temps, parce qu’il savait qu’ils auraient tout le temps nécessaire pour discuter autour du feu qu’il avait allumé à quelques centaines de mètres de là.
- « Je peux vous assurer que ce que j’ai perdu ne pourra jamais me revenir. Et puis, je ne pense pas être en mesure d’accomplir ce que vous dîtes mais je peux vous assurer que je ne compte pas encore disparaître de ce monde pour le moment, car, effectivement, quelqu’un guide mes pas mais ce n’est pas ma volonté selon moi, c’est plutôt la volonté de la femme que j’ai perdue. En tout cas, si vous souhaitez, comme vous le dîtes, rallumer la flamme qui est en moi alors je vous souhaite bien du courage même si je n’écarte pas l’idée que vous en soyez capable. »
Après avoir écouté ses mots, il observa son visage. Elle semblait véritablement intéressée par lui et ceci l’intriguait. Pourquoi ? Car auparavant, il estimait que ceux qui s’intéressaient à lui l’étaient à cause de sa position sociale. Or, on ne pouvait pas dire que c’était le cas d’Emilaria pour qui il était lui aussi un simple inconnu d’autant plus qu’elle ne connaissait visiblement pas le royaume d’Hastia.
Quoi qu’il en soit, il estima que c’était à son tour de s’intéresser un peu plus à elle et il allait le faire une fois que tous deux se trouveraient devant le foyer dont la chaleur allait peut-être semblée presque faible après avoir senti celle qui émanait de la jeune femme quand elle lui tint le bras.
La violoniste accepta de manger un morceau même si elle reconnaissait ne pas en avoir tellement envie. A nouveau, elle se démarquait des humains auquel elle semblait ne pas penser appartenir. Enfin, il allait faire, une dernière fois, comme si de rien n’était.
- « Effectivement, c’est une coutume pour ceux qui ne pensent pas qu’à leur propre personne et sachez que pour moi aussi c’est un plaisir de partager ceci avec vous. D’une certaine façon, ceci apportera une toute autre saveur à ce repas et à l’instant. » dit-il d’une voix posée.
Il n’avait pas manqué son sourire après qu’elle se soit adressée à lui et c’est ce geste qu’il gardait en tête jusqu’à ce que tous deux arrivent et qu’il commence à s’occuper de la cuisson de la viande. Là, il lui avait posé une nouvelle question et espérait, sans s’en rendre compte, qu’elle lui apporterait les réponses qu’il cherchait tant. A nouveau, elle lui confia son désir de diriger, de guider les peuples vers la fin des guerres mais même si cet objectif était louable, comment pouvait-elle réellement espérer unir les deux camps ? Pour lui, ceci était tout simplement irréalisable car certaines personnes ne pourront jamais se satisfaire de la paix. Nageait-elle donc en pleine utopie ? Selon lui, oui. Toutefois, il n’était pas homme à décourager de tels idéaux car certaines personnes étaient en mesure d’accomplir de grandes choses, Emilaria faisait peut-être partie de celles-la.
- « Vos objectifs sont nobles Emilaria. » se contenta-t-il de répondre avec un sourire sincère.
On ne pouvait pas dire qu’il s’était montré très loquace sur cette réponse mais son sourire avait complété sa réponse et son refus de parler d’utopie. A présent, le moment était venu pour lui de tenter de la connaître mieux tandis qu’il s’assit à son tour devant le feu sur lequel cuisait la viande.
Maintenant, c’était à lui de plonger son regard dans le sien avec sa propre profondeur. Il ne savait pas encore jusqu’où cette conversation allait les mener mais il ne ressentait aucune appréhension.
- « Depuis tout à l’heure, je n’ai pas manqué de remarquer la différence que vous faîtes entre vous et les humains. J’aurai pu mettre cela sur le compte de la vantardise mais je ne pense pas que ceci vous corresponde. J’ai alors pensé que vous étiez un membre du gouvernement d’un pays mais je pense que ce n’est pas la vérité non plus car vous ne seriez pas ici ce soir mais dans votre pays. Ainsi, il reste une solution qui dépasse ce en quoi je peux croire : vous venez d’une autre sphère d’existence que la notre. Ici, vous semblez en dehors du temps et même votre mélodie se trouvait sur un autre plan que la mienne. »
Leoran marqua une petite pause sans pour autant la quitter des yeux tandis qu’il approchait ses mains des flammes pour se réchauffer un peu. Puis, toujours en gardant son timbre posé, il reprit la parole, continuant ainsi sa quête de connaissance de cette inconnue qui était très loin d’être ordinaire.
- « Nous nous parlons depuis un moment et à aucun instant vous n’avez cherché à me cacher que vous êtes « différente ». Je crois même que vous m’appelez à voir cette différence de manière aussi forte que cette aide que vous souhaitez m’apporter. Je ne suis sûr de rien, pas même de la façon à employer pour vous apporter ce que vous chercher et que j’ignore encore. »
L’ancien capitaine pesait chacun de ses mots même s’il les prononçait de manière naturelle. Il ne voulait pas manquer de respect à cette femme qui semblait attendre quelque chose. Contrairement à lui, elle disposait de buts qui la faisaient avancer, peut-être cherchait-elle maintenant les moyens pour y parvenir ? Il voulait le savoir et l’invitait à se confier à lui tandis qu’il lui offrait la moitié de son repas dans une petite assiette de bois. Derrière ce geste se cachait le symbole du partage et de l’échange. Ceci ne lui échapperait probablement pas mais il n’en attendait pas de remerciement mais plutôt une prise de parole dans cette nuit bercée par le bruit des vagues et les crépitements du feu.
- « Parlez-moi de vous Emilaria. » dit-il simplement.
Cette invitation était un aboutissement très fort. Le violoniste était habitué à inviter les autres à l’aide de ses mélodies mais cette fois c’était par ses mots qu’il cherchait à amener cette jeune femme à lui. Est-ce que cela aurait le même impact, le même attrait ? Il l’espérait et attendait désormais la ou les réponses de celle dont le regard était plus pénétrant que n’importe quelle mélodie. |
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