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 La chute d'un homme brisé [abandonné] Next topic
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Leoran Taenry
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Joined: 13 May 2008
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PostPosted: Wed 21 May - 16:05 Reply with quoteBack to top

Cela faisait déjà plusieurs jours que Leoran avait quitté toute civilisation en se rendant dans les montagnes. Les lieux étaient tout à fait inhospitaliers et pourtant, il y était venu comme pour y chercher un refuge. D’une certaine façon, il voulait avant tout disparaître d’un monde dans lequel il ne se reconnaissait plus. Après tout, il n’avait plus rien depuis la chute du royaume d’Hastia si ce n’est son précieux violon et les pouvoirs qu’Elaessa lui avait donnés en mourant. Autrefois Capitaine des troupes royales, il ne fut pas un homme habitué à fuir quoi que ce soit mais il n’était plus qu’un être brisé hanté par la perte de son peuple, et celle de la femme qu’il aime. A présent, il se sentait totalement inutile, bien que le véritable problème ne se trouvait pas là.
En effet, au cours des quelques mois passés à Faërie, il étai parvenu à secourir quelques personnes en proie à des monstres. Grâce à ses mélodies exécutées au violon, il avait réussi à les vaincre. Bien sûr, les gens voulaient le remercier à chaque fois et certains villages cherchaient même à le faire s’installer mais dans tous les cas, il repartait sans dire un mot, considérant que ce qu’il avait accompli était bien loin de pouvoir rattraper les morts qu’il n’avait pas pu empêcher. Leoran était donc encore tout à fait en mesure de combattre mais il ne le voyait pas, tout d’abord parce qu’il se détestait et par conséquent, ne voyait plus rien à faire valoir en lui, mais aussi car il répugnait désormais à combattre.

Bien qu’il soit un homme de guerre à la base, il avait très vite compris que recourir aux armes ne devait être fait qu’en cas d’extrême nécessité. Aux cotés du roi Téramène, il était parvenu à instaurer une paix durable jusqu’à ce que l’héritier du roi détruise tout par son ambition. La guerre avait alors détruit entièrement son royaume tandis que des milliers de vies prirent fin. Bien sûr, il savait que la paix ne peut pas toujours être acquise sans violence mais il ne voulait plus être acteur dans cette optique et de toute manière, il ne souhaitait plus tenir de rôle dans quoi que ce soit. Tout ceci expliquait alors sa présence dans ses montagnes hostiles réputées, selon les villageois, pour abriter de nombreuses créatures. Ceci ne l’avait d’ailleurs pas arrêté car même s’il ne souhaitait plus combattre, il ne se laisserait pas attaquer sans se défendre car il devait vivre en mémoire de sa reine qui lui fit don de tous ces pouvoirs.

Désormais, il cherchait toujours la voie qu’Elaessa avait vue pour lui. Il recherchait en vain un but, une raison de continuer à exister dans ce monde alors qu’il voulait simplement retrouver ceux qui étaient tombés avec son royaume. A présent, il passait ses journées à marcher ou à escalader afin de tenter d’atteindre le sommet. Peut-être que là-bas, il trouverait des réponses à ses questions.

Aujourd’hui, alors qu’il avançait le long d’une pente, son regard se pencha sur un ravin. Quelque chose avait attiré son attention : une orchidée blanche. A son plus grand étonnement, cette petite fleur poussait sur un lieu exempt de toute vie autre que celle de la roche. L’eau de pluie devait probablement ruisseler de temps à autre ici mais cela ne lui semblait pas suffisant pour pouvoir faire pousser naturellement cette fleur qui d’ailleurs n’avait pas pour caractéristique de pousser en un lieu si inhospitalier.
Pour toute autre personne, cette orchidée, au mieux, aurait suscitée admiration et questions sur son emplacement mais pour lui, elle avait une symbolique bien plus grande. En effet, l’orchidée était la fleur préférée de son unique amour : la reine Elaessa. Cette plante fut tout d’abord pour eux un moyen de se rencontrer. Ainsi, la reine en laissait une sur les remparts afin d’annoncer, à son capitaine, sa présence en ce lieu à la nuit tombée. Puis, il en avait conscience aujourd’hui, cette fleur symbolisait ces sentiments qu’ils ne parvenaient pas à s’échanger ouvertement à cause de leur rang.
Ainsi, cette orchidée lui apparaissait comme étant une partie de cette femme et il voulait désormais l’approcher comme si cela allait lui permettre de pouvoir retrouver un peu de celle qui compta tant pour lui. Pas à pas, et avec une prudence certaine, Leoran descendit le long du ravin jusqu’à arriver non loin de la petite plante, là il tendit son bras pour tenter de l’attraper et parvint même à effleurer ses pétales.


- « J’y suis presque… » dit-il tandis que sa position était très inconfortable.

Soudain, sa prudence fut totalement balayée par son envie de saisir cette merveille de la nature et commença alors pour lui une longue chute, malgré ses tentatives de se rattraper sur la paroi, qui s’acheva à plusieurs dizaines de mètres du chemin qu’il avait suivi. A présent, il se trouvait au fond du ravin qui s’avérait être une grotte éclairée par cette ouverture. Dans la chute, il reçut plusieurs impactes notamment un à la tête qui le faisait désormais saigner. De plus, sa jambe semblait être cassée tout comme certaines de ses côtes mais contre toute attente, il ne prêtait même pas attention à la douleur. En effet, malgré ses blessures il levait sa main droite en direction de l’orchidée qu’il pouvait encore faiblement distinguer d’ici. Pour lui, et c’était bien là l’essence de son existence : sa vie n’avait plus aucune valeur, seuls les souvenirs qu’il gardait d’Elaessa trouvaient une importance à ses yeux.
A présent, Leoran semblait être destinée à une mort certaine qu’il ne craignait pas et c’est au bord du coma qu’il balbutia un prénom, celui de son amour, avant que ses forces ne le quittent peu à peu.
Tári
Fantôme Squatteur

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PostPosted: Thu 22 May - 01:47 Reply with quoteBack to top

La montagne... Lieu qui semblait hostile du premier coup d'œil, surtout pour Tàri et Estima qui s'aventurait pour la première fois jusque là. Plutôt habitués au couvert rassurant des arbres, la jeune femme n'appréciait pas tellement ces amoncellement de pierres et de granits. Qui pouvait tomber amoureux d'un endroit comme ça? Décidément, elle ne comprendrait jamais les humains qui, honteux de sa propre race, s'aventure jusqu'ici pour vivre en ermite. Elle soupira, puis retourna son attention sur la route sinueuse qu'elle poursuivait. Cet endroit était silencieux, si on excluait le vent qui, pris dans le creux des rocs, criait et sifflait un air triste et plaintif. Recouvrant ses maigres épaules de son écharpe violacé, Elle baissa la tête pour éviter de se cogner contre les rochers bas. Étrange ce chemin. Naturel ou creusé à bras d'homme?

*Ou encore des nains... Oh... j'aimerais bien en rencontrer un...*

Qu'importait finalement. Ses pas suivaient les traces de bien des gens qui, par désespoir de causes perdues, s'étaient enfuis par ici et s'étaient jetés là, dans ce ravin. Justement parlant de ravin... Tàri se pencha légèrement pour regarda sa profondeur, mais recula aussitôt. Woah!! Elle ne savait pas qu'elle était à une telle hauteur, ou plutôt que le ravin était si creux! c'était un véritable abysse qui se retrouvait sous ses pieds! Elle soupira, heureuse que le vent n'est pas souffler fort à ce moment là, car elle n'aurait pas donné cher de sa peau! Estima s'envola de son épaule et parcourut le mur abrupte, croyant avoir déceler quelque chose. Reprenant sa route, Tàri ne se rendit pas compte que son compagnon avait effectivement trouvé.. des traces de sangs frais. Paniqué, il revint vers sa maîtresse.


~Tàri! Il y a quelqu'un dans le ravin!

Surprise, elle se retourna vers lui et le dévisagea, les sourcils curieusement froncés. Il devait faire une farce, qui serait assez fou au fond pour se jeter volontairement? Les plis dans son front démontraient pourtant l'inquiétude qu'elle avait face au sort de cet inconnu.

~Tu en est sûr? Va vérifier pour moi... Peut-être n'est-ce... Un long frisson la parcouru. Qu'un animal sauvage...

Finalement, un animal ou un humain, s'il était encore vivant elle voulait tenter de le sauver. Regardant autour d'elle pour trouver de l'eau, une source, un filet, n'importe quoi. Bien entendu, comme dans chaque situation, l'eau se laissait manquer et désirer. Estima descendit le long du mur de roc en suivant, un peu dégoûté, les tâche de sang qui coagulaient lentement à cause du soleil de midi. Une odeur de charogne lui arriva et il dut se forcer pour ne pas rebrousser chemin. Il arriva près d'une caverne d'où provenait une lumière étrange. Intéressé, voir même attiré, il dut se faire violence pour ne pas y aller. L'ombre d'un homme, allongé sur le côté, se profila derrière lui. Il s'approcha et pu remarquer qu'il était encore en vie... Bien qu'en piteux état. Il repartie aussitôt vers Tàri qui, vainement cherchait un passage pour descendre jusqu'en bas.

~Blessures graves à la tête principalement. Il faut faire vite. Il y a aussi une grotte étrange plus bas...
~Je dois trouver un moyen de descendre sans danger avant... Ce ne serait pas mieux si on se retrouve tous les deux à moitié mort au fond de ça!
~Peut-être plus au nord! Vite!

Estima partie en tête, la jeune femme courant prudemment derrière lui. Près de 5 minutes plus tard, il trouvèrent des escaliers sculptées à même le sol. Une chance ou un signe du destin?  Dévalant les marches à une vitesse folle, Tàri fut en bas en aussi peu de temps qu'il faut pour crier "papillon". Repartant vers le sud, elle passa devant la caverne sans s'y arrêter, plus inquiète que curieuse dans le moment présent.

-Monsieur... Monsieur m'entendez-vous? Demanda-t-elle à Leoran en tâtant son visage à la recherche de cassure au niveau de la mâchoire. Je suis là pour vous aider. Vous avez.. plusieurs blessures, mais ça devrait aller. Je vous demande juste de ne pas vous endormir...

Elle sortie sa trousse de soin qui était constitué de nombreuses herbes médicinale, de deux bols de préparation, de quelques branches secs et bien sûr de ses pierres pour allumer le feu. Ne lui manquait que de l'eau... Regardant le ciel bleu quelques instant (ou du moins ce qu'elle pouvait en voir), Tàri demande à un nuage de se pointé au-dessus d'elle grâce à ses pouvoir sur l'eau. Quelques fines gouttes d'eau commencèrent à tomber directement dans le gros bol alors qu'elle commençait machinalement à égrainer les plantes nécessaires. Pourvue qu'elle ne soit pas arrivée trop tard!

L'eau prête et réchauffée depuis un bon moment sur le feu préparé, elle se concentra maintenant totalement sur son choix de plantes. elle devait trouver la meilleure pour coaguler les plaies sans cicatrices. Tiens! Une feuille de merisier de son pays... Une des dernières, mais bien la plus efficace! Elle la trempa dans la lotion préalablement préparée et posa le tout sur la tête de l'étranger.

-Ça risque de chauffer un peu, pardonnez-moi. Je vais panser ainsi chacune de vos blessures avant de les recouvrir d'un fin bandages de tissu. Pendant que je fais ça, pour vous garder éveiller... Dites-moi... Comment vous appelez-vous?

Tàri fit un sourire rassurant et gentil avant de retourner à sa besogne, attendant sa réponse. Estima, quant à lui, s'était posé sur l'épaule de la jeune femme et attendait lui aussi, craintif.

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Leoran Taenry
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PostPosted: Fri 23 May - 01:28 Reply with quoteBack to top

Combien de temps s’était écoulé depuis sa chute du ravin qui se trouvait juste au-dessus de lui ? Affaibli par les chocs, le capitaine déchu n’était pas en mesure de répondre à cette question. De toute façon, ceci paraissait bien secondaire puisqu’il devait désormais tout faire pour tenter de récupérer et de sauver sa vie. Ceci pouvait d’ailleurs paraître bien surprenant de sa part vu qu’il courait après la mort qui lui permettrait de retrouver son peuple mais il gardait toujours à l’esprit le don que lui fit Elaessa en lui confiant ses pouvoirs. Ainsi, s’il devait mourir maintenant, il aurait gâché ces pouvoirs et ne serait pas en mesure de se justifier auprès d’elle. Il allait donc s’accrocher à la vie de toutes ses forces mais justement, ces dernières lui faisaient grandement défaut en cet instant. De plus, malgré ses efforts, il ne parvenait pas à bouger sa jambe droite qui le faisait terriblement souffrir. Il semblait donc condamné à rester dans ce lieu le temps de récupérer un peu et en espérant ne pas perdre trop de sang.
Peu à peu, ses forces l’abandonnaient malgré lui tandis que ses paupières devenaient si lourdes qu’il comprit qu’il était en train de sombrer dans l’inconscience. Il devait réagir alors que tout devenait flou autour de lui. Il aurait pu recourir à son violon qui aurait émis une mélodie qui, grâce à ses pouvoirs, aurait pu être suffisamment puissante pour être entendue à des kilomètres à la ronde afin de ramener des secours mais il se souvint qu’il avait laissé son instrument sur le chemin afin de descendre la paroi du ravin pour tenter de récupérer l’orchidée. C’était d’ailleurs là un de ces très rares instants où son violon n’était pas en sa possession. Quoi qu’il en soit, il espérait désormais que ses forces reviendraient vite.
Soudain, contre toute attente, il entendit des bruits de pas qui se rapprochaient d’instant en instant de l’endroit où il se trouvait. A demi conscient, Leoran ne parvint pas à crier pour signaler sa présence et heureusement pour lui, ceci n’empêcha pas une jeune femme de se porter à son secours. Malgré sa vision défaillante suite au violent choc reçut à la tête, il parvenait à voir le visage de celle qui commençait déjà à lui parler. Cette inconnue avait des traits d’enfant même s’il était évident qu’elle n’en était plus une. Frêle, elle semblait pourtant aussi déterminée que ravissante. Leoran n’était pas le genre d’homme à s’émouvoir du charme d’une femme, bien au contraire, mais en cet instant, cette personne était pour lui porteuse d’une lumière qui venait le sortir de ses ténèbres car, il en était certain, elle venait pour le secourir et s’appliquait déjà à soigner ses blessures avec une grande dextérité.
De plus, elle était en train de s’adresser à lui mais son état l’empêchait encore de saisir les mots qu’elle prononçait. Quoi qu’il en soit, elle semblait avoir des connaissances médicales et ces gestes précis s’appliquaient sur ces plaies tandis qu’elle avait allumé un feu et fait tomber un peu de pluie. Trop affaibli, il ne s’attarda pas sur les pouvoirs de cette jeune femme mais il pensa soudainement à quelque chose : d’ici peu la nuit allait tomber sur les montagnes et, associé à l’odeur de son sang, ceci pourrait faire venir des monstres en ce lieu. Il pensa alors à la sécurité de la jeune femme tandis qu’il comprit qu’elle lui demandait son nom afin de faire en sorte qu’il ne tombe pas dans un sommeil qui n’aurait pas de fin. Il suivit son conseil et lui confia son identité d’une voix fébrile mais posée.


- « Je m’appele Leoran… Taenry. »

Puis, il revint à ses considérations sur les monstres résidants dans ces montagnes, ce qui lui fit prendre la parole une seconde fois mais avec plus de force dans la voix.

- « Ecoutez-moi, j’ignore tout de vous mais je vous remercie de tenter de m’aider. Toutefois, vous devez repartir au plus vite car d’ici peu la nuit tombera et les monstres aux alentours pourraient venir jusqu’ici à cause de l’odeur de mon sang et de la fumée du foyer. Je ne veux pas que ma faiblesse mette en danger la vie d’une autre personne... » dit-il avec difficulté sur la fin.

Il y a quelques mois, la capitale d’Hastia tomba sous l’assaut de ses adversaires tandis que son capitaine était au cachot. Cette défaite, bien qu’elle fut l’œuvre du roi Taranis, Leoran en prit la responsabilité en maudissant ses faiblesses et aujourd’hui il ne voulait pas voir ce malheur se rejouer de nouveau avec cette inconnue. Il devait donc tout faire pour qu’elle soit en sécurité. Ainsi, il se montra dur, ce qui était, selon lui, le seul moyen de la préserver.

- « Partez au plus vite ! Je ne suis qu’un inconnu alors n’accordez pas d’importance à ma vie… »

Cette phrase, il n’eut pas le temps de la finir car la douleur à sa jambe droite se raviva tandis qu’une fièvre puissante le privait encore plus de ses forces à présent. Ainsi, il ne pourrait pas forcer la jeune femme à le laisser ici et il ne pourrait pas non plus la protéger au cas où ils se feraient attaquer. La seule chose qu’il pouvait faire était de rester conscient comme le lui demandait son docteur dévoué sorti de nulle part.
Tári
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PostPosted: Fri 23 May - 05:16 Reply with quoteBack to top

Tàri le dévisagea, surprise de ce soudain regain de force. Elle en profiterait pour le faire boire une potion de soin qu'elle venait de retrouver au fond de sa bourse. Certes, cela ne le remettrait pas sur pied, mais ça pourra au moins endormir la douleur le temps que les lotions qu'elle commençait à appliquer soigneusement sur ses plaies face effet. Avait-elle peur d'une meute de loups et de montres? Au fond... Oui, il y avait cette enfant en elle qui lui criait de se sauver, de laisser cet homme là à son sort et à sa fièvre qui le tuerait dans les heures qui viendraient. Pourtant, elle ne pouvait s'y résigner. Si Leoran avait été posé sur sa route, c'était bien pour une bonne raison! Prenant un ton presque aussi dur que celui qu'il avait utilisé, elle lui répondit ainsi:

-Ce n'est pas dans mes valeurs de laisser mourir un homme que je peux sauver. Je vous pris, ne vous énervez pas! Voyez ce que la fièvre vous fait... Je vous pris, faites-moi confiance. D'ici peu, vous pourrez vous lever et nous irons nous cacher dans cette grotte. Je vous supporterai, malgré ma taille d'enfant. Je vous parlerai tout au long que je vous place mes feuilles de soin et je vais devoir vous demander de faire l'effort de boire ce que contient ce flacon. Ça ne goûtera pas bon, mais au moins vous vous sentirez un peu mieux.

Elle lui sourit, même si elle se doutait que sa vision devait devenir lentement floue et engourdie. Le soleil au-dessus d'eux ne réussissait à percer l'obscurité de cet endroit, comme si les ténèbres avalaient chaque rayon et s'en nourrissait. C'était sûrement dut au fait que... la nuit allait approcher. Le feu qu'elle avait allumé attirerait sans doute des bestioles plus ou moins grandes, elle n'en savait rien. Tàri avait plus peur pour cet homme que pour elle, car au fond elle aurait le temps et la force de se protéger et de s'enfuir, tandis que lui... Soupirant et reprenant plus rapidement son travail en lui posant lentement et délicatement la fiole entre les doigts de sa main droite, la jeune femme releva le haut de l'homme pour tâter pour être sûr que rien n'était briser. Une côte semblait fracturer au niveau du poumon, mais rien de grave. Ce qui l'inquiétait le plus, pensa-t-elle en rebaissant le chandail, c'était sa jambe droite étrangement bleue. Elle appliqua trois feuilles dessus et ajouta un bandage sur chacune de ses blessures.

Estima était inquiet. Il ne ressentait aucune présence hostile pour l'instant, mais tout pouvait se dérouler si vite! Il gardait de mauvais souvenirs de leur dernières batailles: La wyvern et l'elfe noir meurtrier étaient passés près de leur prendre la vie!

Cela prit plus d'une heure à Tàri pour être satisfaite de son travail, appliquant le dernier bandage sur le corps meutri de son compagnon.

-Comment vous sentez-vous? Demanda-t-elle en posant sa main sur l'épaule de Leoran.

Une pensée fugace la traversa: Que ferait son peuple en sachant qu'elle avait aidé autant d'humain depuis son arrivé dans ce monde? Il souhaiterait sans doute sa mort, elle en était persuadée. Après tout, pourquoi l'avaient-ils envoyé ici si ce n'était que pour la punir et la voir souffrir? Pourtant, elle ne s'était jamais sentie aussi utile. Elle avait la chance de pouvoir sauver des vies, développer ses habilités au combat, agrandir sa connaissance et surtout d'observer les moeurs des gens d'ici et de cette faune et flore.

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Leoran Taenry
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PostPosted: Fri 23 May - 14:09 Reply with quoteBack to top

Si Leoran était déterminé à éviter tout risque à la jeune femme, celle-ci semblait encore plus déterminée à lui venir en aide. Etait-elle médecin ? Sa volonté le lui faisait croire toutefois, comme elle pouvait visiblement utilisée la magie, il la voyait davantage comme une guérisseuse. En tout cas, elle était convaincante et il écouta chacun de ses mots qu’elle prononçait avec une force d’intonation comparable aux siens. Elle lui fit clairement comprendre qu’elle n’abandonnerait jamais un homme mais ce qui le marqua le plus fut sa détermination à vouloir le porter, malgré leur différence de gabarit, jusqu’à une grotte qui serait un endroit plus sûr pour eux. Elle continua ensuite par lui affirmer qu’elle continuerait à lui parler pendant qu’elle le soignerait. Ces mots venaient de toucher le capitaine déchu qui décida alors de lui faire confiance.

- « Je… je vais vous confiance. » répondit-il malgré sa faiblesse tandis que son regard témoignait désormais de la confiance qu’elle lui inspirait.

Bien sûr, Leoran pensait toujours aux dangers que peuvent représenter les créatures aux alentours mais il savait qu’il n’arriverait pas à convaincre son interlocutrice de le laisser ici. Sa détermination était pleinement visible et n’avait d’égale que la douceur qui se dégageait d’elle tout comme des gestes qu’elle pratiquait sur lui. Ainsi, elle vérifia s’il n’était pas blessé en d’autres endroits tandis qu’elle appliquait avec soin bandages, feuilles et autres produits sur lui. Entre ses doigts, il tenait le flacon qu’elle lui avait confié et c’est sans hésiter qu’il le bu.

Puis, le temps s’écoula tandis que la dévotion de cette inconnue était tout à fait admirable. Peu à peu, même s’il ne fallait pas crier victoire trop vite, Leoran se sentait mieux. Il l’avait observé en silence durant les soins qu’elle lui procurait. Il était désormais plus conscient de ce qui l’entourait et il voulait à son tour discuter un peu avec cette jeune femme dont il ignorait encore tout pour le moment si ce n’est son talent, sa volonté et sa douceur. Il eut l’occasion de prendre la parole au moment où elle lui demanda s’il allait mieux.


- « Grâce à vous, je vais bien mieux. Je dois reconnaître que je ne suis pas encore prêt à me lever et à danser devant vous mais c’est en bonne voie…Merci. » répondit-il avec difficulté, humour mais aussi avec une profonde reconnaissance.

A ce moment, il se souvint du lendemain de la chute du royaume d’Hastia alors qu’il était gravement blessé. Brisé, il se haïssait de n’avoir pas été assez fort pour sauver ceux qu’il aime et il avait totalement négligé ses blessures comme si la douleur allait lui faire payer une partie de ses fautes. Bref, le violoniste n’était pas le genre d’homme à prendre soin de sa santé et toute cette attention que lui consacrait la jeune femme en cet instant venait en quelque sorte mettre « fin » à des mois de souffrance physique qu’il s’était auto infligé.
Visiblement, et il devait bien le constater, le destin ne voulait pas le voir disparaître de ce monde trop vite puisqu’il lui avait envoyé cette jeune femme dont il voulait désormais connaître l’identité avant de pouvoir retrouver suffisamment de forces pour pouvoir marcher. Il avait en effet en tête d’aller récupérer son instrument qui lui permettrait alors de repousser n’importe quelle créature malgré son état. Bien sûr, il se doutait bien que son docteur ne lui en donnerait pas l’autorisation mais lui aussi pouvait se montrer déterminer. Quoi qu’il en soit, il voulait désormais mieux la connaître puisque il ne pouvait qu’attendre d’aller mieux. Et puis, il voulait vraiment en savoir plus sur celle qui avait fait passer sa santé avant tout autre chose.


- « Notre monde est hélas continuellement déchiré par les guerres et je crois que j’ai tendance à oublier que des gens échappent à cette logique de conflit mais en vous voyant aussi dévouée pour un inconnu alors je me dis que si notre monde devait être jugé pour ses crimes, des personnes comme vous pourraient, par leur existence, venir le sauver d’une damnation éternelle. Ainsi, permettez-moi de vous demander votre prénom avant d’enfin savoir l’identité de celle qui à tout fait pour quelqu’un qui ne méritait peut-être pas de continuer à vivre. » dit-il sans la quitter du regard, toujours pour lui montrer sa volonté de la remercier.

La respiration du jeune homme était devenue plus lente, moins saccadée à mesure que les soins prenaient effet. Toutefois, on pouvait encore aisément sentir sa douleur et son manque de force même s’il faisait tout pour pouvoir parler sans peine à celle qui se trouvait en face de lui et dont il avait senti la chaleur douce et réconfortante dans chacun de ses gestes.
Puis, bercé par la chaleur du foyer et se remémorant ses mots, il lui fit une demande en souriant.


- « Connaissez vous une histoire qui pourrait définitivement écarter les ténèbres de ces lieux ? »

Cette question pouvait paraître surprenante mais il se souvint qu’elle lui avait dit qu’elle lui parlerait pour qu’il ne perdre pas connaissance. Il allait certes beaucoup mieux à présent mais il avait envie d’entendre cette jeune femme lui parler et peut-être qu’après cela, il serait en mesure de se relever et d’aller récupérer son instrument. Finalement, ajouté aux soins apportés, elle lui offrait sans le savoir, une présence réconfortante qu’il n’avait pas ressenti depuis bien des mois.
Tári
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PostPosted: Sun 25 May - 05:40 Reply with quoteBack to top

La fée se mit à rire joyeusement, ce petit rire sauter et gaie qui lui était propre. On aurait dit des fines gouttelettes de pluies qui tombaient sur les notes d'un piano endormit et qui le réveillait en sursaut de notes divines.

-Heureuse de savoir que je suis utile et surtout heureuse de ne pas vous voir danser!
Dit-elle avec ce même ton humoristique, pour le taquiner. Ça la surprit énormément, puisque ce n'était pas dans ses habitudes. Ce devait être cette nuit, ce ravin et la situation qui lui exigeait de détendre cet atmosphère d'attente.

Tàri le regarda parler de son monde emplit de guerre et cela la désola profondément. Il n'existait donc aucun pays vraiment en paix? Est-ce que la paix n'était au fond qu'une utopie, un paradis qui n'existerait que dans la mort ou dans une autre vie? Mais... Dis comme ça, la mort est un autre monde, alors... Peut-être qu'encore là-bas la guerre fait rage, d'une autre manière bien entendu. Si on dit vrai et qu'on écarte de tout doute la réincarnation, il doit bien avoir des moments de répits... Quelques centaines d'éternités puis un nouveau conflit éclate? Se secouant légèrement pour revenir à l'homme qui s'adressait de nouveau à elle, la jeune femme rougit en se rendant compte qu'elle ne lui avait pas encore donné son nom, alors qu'elle lui avait demandé le sien il y a de cela quelques minutes déjà. En commençant à ranger ses effets de soins, qui avait bien baissé en faite, elle répondit de sa voix douce:


-Pardonnez-moi de ne pas vous avoir dévoiler tout de suite mon identité, je suis parfois bien trop empressée! Je me nomme Tàri et je suis dans ce monde depuis peu. En faite, depuis presque 3 mois si je sais bien suivre les mouvements de la lune.

Son sourire d'enfant apparut sur son visage en se rappelant le vent dans la forêt qui l'avait accueilli le soir de son arrivée et qui avait fait sécher ses larmes. Transportée par ce souffle chaud et rassurant, elle et son compagnon s'étaient aventurés au plus profond des ténèbres de ses bois et y trouvèrent un milieu de vie confortable et surtout peu dangereux. Elle écoutait la respiration de l'homme qui se calmait en refermant son sac après avoir préalablement sortie une autre couverture dans laquelle elle s'emmitoufla en attendant que Leoran puisse au moins se lever. Puis, de nouveau sa voix d'homme s'éleva dans la noirceur de plus en plus présente. Une histoire? Elle le regarda, le visage éclairé par le feu qui les soutenait dans ses ténèbres qui les entouraient. Pourtant son regard vers Estima pour lui demander de l'aide, il sembla lui aussi perplexe. Leur discussion se passa dans un silence presque complet, lui parlant avec ses ailes et elle avec le vent entre ses lèvres.

~Que peux-tu bien lui conter? Une histoire de ton peuple?
~Oh mais tu m'en donnes une idée! Mon histoire!
~Ton... histoire!?! Mais tu es cinglée ma parole! Et s'il...
~Je ne suis pas idiote mon petit, je changerai des mots, des noms...

Tàri se retourna pour regarder l'homme droit dans les yeux quelques secondes, avant de fermer les siens et de lever son visage vers la lune qui se levait au-dessus d'eux, ses rayons se rendant avec peine jusqu'à eux. C'est ainsi que se préparait les sages de son village avant de conter une légende.


-L'histoire que je vais vous conter se déroula il y a de cela plusieurs années, même plusieurs siècles de cela, au fin fond d'un bois, là où vivent les races les plus étranges. La plupart, comme les fées, se tiennent en clan, en petite tribu timide. C'est justement elles qui nous intéressent ce soir. Tout commença par l'éclosion d'une pensée parmi les tulipes. Comme si le pollen qui transportait les graines où naissent les fées avait fait dériver l'une d'elle dans le mauvais village, le mauvais comté. Reste que la jeune fée qui en sortit avait une chevelure violacée et des ailes d'un blanc cerclé de mauve. C'était du jamais vu.

Différente dès le début, elle sembla préférer les livres et les sciences aux danses, coiffures et arrangement floraux. Mais ce qui la différenciait encore plus des autres, c'était cette soif infinie de tout connaître, de tout apprendre, de tout voir. Cette jeune fée en savait plus que bien des sages sur la vie et surtout... Sur les humains en général. Ces grands là, personne n'avait droit de les approcher. Ils étaient les démons des bois. Selon les mythes à leur sujet, ils saccageaient tout, de la plus petit fleur au plus grand baobab. Les effusions de sangs ne sont pas rare en leur compagnie et les morts s'empilent souvent par millier. Tout cela, au lieu d'effrayer notre amie, l'attira d'avantage. Il était, pour elle, impossible que ces gens là soient si méchant! Elle les avait souvent observer de loin, voyant l'amour qu'ils se portaient.

Je passera outre des détails, mais... Il arriva un jour où, après avoir aidé une jeune humaine, on l'a fit enfermer pendant plusieurs lunes, avec peu de nourritures et d'eau. À peine pour subsister. Ce temps où elle aurait du gémir de faim et de soif lui servit à réfléchir pourtant à la différence entre les fées et les humains. Elle se rendit rapidement compte que... Les humains n'étaient pas plus mal que son peuple! Une fois sortie de son cachot, elle vola vers la clairière où elle avait vu la jeune fille la dernière fois.

Erreur. Entre temps, une guerre avait eu lieu, ravageant les lieux et laissant l'herbe naturellement émeraude rouge vif. Les sages de son village, l'ayant vu sortir, l'attendait de pied ferme. Et une malédiction tomba sur elle, la rejetant de la forêt de sa naissance, l'empêchant de reprendre sa forme et l'enfermant dans celui d'une jeune femme... Cette fée, on la surnomme l'ermite dans tous les contes qui raconte son histoire. Certains disent qu'elle est morte, moi je préfère croire qu'elle a réussi à s'envoler et monter rejoindre ses seules vraies amies, les étoiles...


Elle acheva son récit, pencher légèrement vers l'arrière à observer les étoiles qui se réveillaient dans le ciel. Sa voix, tout au cours du faux conte, s'était enflammée, avait prit littéralement la force du feu qui, alors qu'elle parlait, avait considérablement baissé. Portant son attention sur l'homme, Tàri lui sourit légèrement avant de lui demander d'une voix douce et reposante:


-Vous sentez-vous mieux? Il serait temps d'aller prendre abris je crois bien.

En effet, Estima semblait agiter. Quelque chose se rapprochait. Il ne pouvait pas encore dire si c'était ami ou ennemi, mais il ne le sentait pas bien.

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Leoran Taenry
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PostPosted: Tue 27 May - 01:32 Reply with quoteBack to top

L’atmosphère était désormais indéniablement plus détendue et les rires de la jeune femme en étaient le témoignage. Visiblement, avec du repos, Leoran ne risquait plus rien, ce qui avait laissé la place à une pointe d’humour au cours de leur conversation. D’ailleurs, il répondit au sien par un sourire affirmé et par des mots qu’il prononça de manière détendue.

- « Je n’en ai peut-être pas l’air mais je ne suis pas un mauvais danseur, je vous l’assure. » dit-il en se frottant les cheveux comme s’il semblait gêné.

Comme il était bon de rire après avoir frôlé la mort. D’une certaine façon, ceci permettait de la chasser plus facilement et c’était d’autant plus vrai quand deux personnes s’associaient dans cette entreprise.
Puis, il la vit changer de visage quand il évoqua la guerre et il comprit que, comme lui, elle devait probablement la détester. Ceci serait donc leur premier point commun même si finalement elle ne prononça aucun mot sur ce sujet à ce moment.

Enfin, alors qu’elle commençait à ranger ses affaires, elle lui confia son prénom qu’il n’allait probablement pas oublier de si tôt. Puis, plus surprenant, elle lui dit qu’elle n’était dans ce monde que depuis trois mois. Ce genre de phrase n’était pas anodine et soulevait beaucoup d’interrogations. En effet, qu’entendait-elle par là ? Venait-elle d’un pays en dehors de Faërie tout comme lui ou venait-elle d’un autre plan d’existence ? Rien n’était sûr à ce sujet mais peut-être en apprendrait-il plus sur ce point dans la suite de leur conversation. Par contre, il ne manqua pas son sourire et l’expression de son visage quand elle lui raconta cette histoire qu’il lui avait réclamée. D’ailleurs, chose intéressante, elle semblait discuter, d’une manière ou d’une autre avec le papillon qui se trouvait sur ses épaules. Etait-ce de la télépathie ? Il n’en avait pas l’impression et estimait que leur moyen de communiquer était plus profond que ça. Bref, beaucoup de mystères entouraient cette jeune femme dévouée et peut-être que son histoire en lèverait une partie car il avait la certitude que chaque conteur glissait une partie de soi-même dans ses récits. Il allait donc être très attentif tandis que la chaleur du feu l’apaisait.

Son histoire, il l’écouta du début à la fin tout en observant son visage tourné vers les étoiles. Elle donnait beaucoup de vie à son récit comme si elle l’avait écrit elle-même, comme si elle l’avait vécue… Cette histoire d’une petite fée était poignante dans le sens où son altruisme était considéré comme un défaut au sein de son peuple alors que pour Leoran, c’était la plus belle des qualités. Puis, lorsqu’elle eut finit, il comprit, qu’effectivement, cette petite fée née d’une pensée n’avait pas été transportée au bon endroit. Peut-être aurait-elle dû naître parmi les hommes mais le mieux aurait probablement été qu’elle vive fée parmi ceux qui avaient besoin d’elle. En tout cas, Tàri semblait ignorer ce qui arriva ensuite à cette fée. Enfin, c’est ce qu’elle disait et le capitaine déchu développa une autre hypothèse qu’il se garderait bien de lui avouer pour le moment. Ainsi, il préféra répondre à sa proposition de quitter les lieux alors que le feu avait perdu de son intensité au cours du récit.


- « Je crois que vous avez raison, partons d’ici et allons nous abriter ailleurs. » dit-il en se relevant doucement.

Malgré ses blessures, Leoran parvint à se relever presque normalement même si cela lui demandait un effort non négligeable. Les soins de Tàri étaient efficaces, tout comme ses mots d’ailleurs. Puis, alors qu’il commençait à faire quelques pas, il décida de faire ce qu’il n’avait pas encore fait : réagir à cette histoire qui fut poignante grâce à l’émotion qu’elle suscitait à son auteur.

- « Vous savez, l’histoire que vous m’avez racontée était à la fois belle mais aussi teintée de tristesse. Et puis, même si j’ignore tout de cette fée j’aurai tendance à croire qu’aujourd’hui elle n’est pas morte et qu’elle n’a pas non plus rejoint ses amies les étoiles mais qu’elle parcourt le monde afin d’aider ceux qui ont besoin d’elle. Je crois que sa place se trouve dans ce monde dans lequel elle sauvera des vies et apprendra à être humaine. Peut-être la croiserai-je un jour sur ma route qui sait ? » dit-il avec une voix posée tout en regardant la jeune femme.

Le petit sourire qui se dessina sur son visage fut furtif. L’avait-elle vu ? Si tel était le cas alors elle aurait à l’interpréter tandis que le violoniste remarqua des escaliers qui menaient visiblement sur le chemin où son violon devait encore se trouver. Bien qu’étant encore affaibli, il devait à tout prix récupérer son précieux instrument à qui il donnait plus de valeur qu’à sa propre vie. Il se doutait que son docteur ne serait pas d’accord mais il voulait à son tour qu’elle lui fasse confiance.

- « Tàri, à présent, c’est à moi de vous demander de me faire confiance. En fait, si je suis tombé tout à l’heure c’était parce que je voulais me saisir d’une orchidée qui poussait presque miraculeusement sur la paroi du ravin. Je sais que cela peut paraître stupide pour bon nombre de personnes mais cette variété de fleur représente beaucoup pour moi. Quoi qu’il en soit, avant de descendre, j’ai laissé mon violon sur le bord du chemin et c’est pour moi la chose la plus précieuse qu’il me reste dans la vie. Sans lui, je ne suis plus rien et je ne peux pas le laisser plus longtemps. Ainsi, je dois aller le chercher maintenant et lorsque je l’aurai, je serai en mesure de nous protéger tous les deux pour la nuit. Je sais très bien que je ne suis pas remis mais je vous demande de me faire confiance, je ne ferai rien de stupide. Dès que je l’aurai, je reviendrai. »

Leoran était plus que sérieux. Il ne savait pas combien de temps il lui faudrait pour remonter mais il devait le faire. Restait à savoir ce que Tàri allait décider de faire. Le suivrait-elle ? Il ne lui imposerait rien et espérait simplement recevoir sa confiance. En tout cas, il ajouta quelques mots avant de commencer à se diriger vers les marches.

- « Je crois que la seule chose que je puisse vous offrir pour vous remercier est un morceau de violon. Cela peut paraître dérisoire mais j’espère que comme tout comme vous avec vos gestes et vos mots, je parviendrai, avec ma mélodie, à vous offrir quelque chose qui touchera votre âme. »

Vantardise ? Certainement pas. Le capitaine déchu cherchait avant tout à trouver un moyen pour la remercier et il savait que la tâche serait difficile au vu de tout ce que cette inconnue venait de faire pour lui. Elle l’avait protégé jusqu’à présent et c’était désormais à lui de prendre le relais si elle l’acceptait.
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